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Les mythes et la poésie disent-ils la vérité?

On pense depuis longtemps qu’il n’en est rien. Sans doute à tort. Sauf à considérer qu’il n’y a de vérité que dans la « certitude » scientifique. Qui pourtant, ne dure qu’un moment…

Les mythes et la poésie peuvent aussi nous dire un peu de cette vérité qui est d’être au monde, si ce n’est du monde lui-même.

C’est le mythe qui nous dit que les Sirènes existaient en un temps où les dieux n’étaient pas encore sur l’Olympe.

Elles allaient par trois. Elles étaient filles de la Terre.

Celles-ci s’appelaient Aglaopé (celle au beau visage), Leucosia (la créature blanche), Molpé (la musique).

Mais, peut-être étaient elles plus nombreuses, six ou plus probablement neuf ou même douze…

Les sirènes furent les ancêtres des Muses. Déjà elles étaient Musikè.

Elles attiraient les marins par leurs chants, jusque dans les prairies de leur île. C’était sans doute celle que nous appelons aujourd’hui la Sicile.

Elles pleuraient la mort du roi.

Orphée, dit-on, eut raison d’elles.

Beaucoup plus tard, pour Heinrich Heine, elles étaient au nombre de six.

Heine écrit:

« Sur la rive déserte clapotent les vagues,

La lune s’est levée.

Sur la dune blanche le chevalier repose,

Pris dans ses rêves bigarrés.

Les belles sirènes drapées dans de grands voiles,

Montent des profondeurs de l’eau.

Sans un bruit elles s’approchent du joli chevalier,

Et, vraiment, elles le croient endormi.

[…]

[Une d’entre elles] hésite et dépose enfin

Un baiser sur ses joues et ses lèvres.

Pas bête, le chevalier, et il se garde bien

D’ouvrir les paupières;

Au clair de lune il se laisse sans ciller

Embrasser par les belles sirènes. »

(« Romances » in « Nouveaux poèmes », Poésie, éditions Gallimard)

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